Au cours de ces quelques jours en Tunisie, nous avons eu l’honneur d’assister à une manifestation particulièrement riche en interventions. Jacques Arnaudiès, Président de l’I.M.L., a été chargé d’animer la première session du meeting, dont le thème était l’Etat sanitaire des forêts de chênes. Ce sont au total huit sessions qui se sont succédées, chacune sur un thème précis : Biologie et impact des champignons pathogènes ; Biologie et impact des insectes phytophages ; Ennemis naturels, lutte biologique et intégrée ; Aménagement des forêts ; Régénération ; Feux de forêts ; Faunistique des forêts de chênes.

Suberaie exploitée dans la forêt d’El Jouza. L’absence de sous-bois dénote une forte pression pastorale.
Le dernier jour a quant à lui été consacré au terrain, avec la visite des suberaies de la région de Tabarka, au nord-ouest du pays. Cette zone très forestière, où se côtoient chênes-lièges, chênes zéens (Quercus faginea), pins maritimes et pins d’Alep, couvre une superficie d’environ 300 000 hectares entre Méditerranée au nord, et une ligne qui irait de la frontière algérienne à Bizerte au sud. Le relief y est accidenté, avec une altitude comprise entre 400 et 1 200 m, et les pluies abondantes malgré une forte période de sécheresse estivale (800 mm/an en moyenne, avec un maximum de 1 500 mm à Aïn Draham).
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La densité élevée de la population (parfois supérieure à 100 habitants/km²) occasionne une forte pression anthropique sur la forêt, notamment par le surpâturage, qui a un impact négatif sur la régénération naturelle (vieillissement des peuplements), et par la récolte intensive du bois de chauffage. D’importants efforts sont donc mis en oeuvre par l’administration forestière tunisienne pour lutter contre la désertification et l’érosion des sols, par le biais d’une politique de reboisement en chênes-lièges, et d’une meilleure valorisation du potentiel subéricole existant.
Un Projet de Gestion Intégrée des Forêts (P.G.I.F.) est d’ailleurs en cours d’exécution (2001-2006), avec une collaboration tuniso-japonaise pour son financement.

Pépinière pilote de Ouchtata. Production de plants de chênes-lièges, eucalyptus, pins...
Un exemple à suivre...
L’I.M.L. tient encore une fois à remercier M. Ben Jamâa et Mme Villemant (du Muséum National d’Histoire Naturelle) pour la qualité de leur accueil et de l’organisation. |