Au premier abord, l’incendie peut sembler agir favorablement sur la suberaie (toutes considérations économique et paysagère mises à part), car il élimine le sous-bois et les essences concurrentes (chênes vert et pubescent, pins....), laissant la place libre au chêne-liège pour se développer, lui seul pouvant reverdir à partir de son houppier dans les semaines qui suivent. Mais cette élimination n’est que provisoire, et dès la reprise de la végétation, le maquis repartira de plus belle, pour devenir parfois encore plus dense qu’il n’était avant l’incendie. Croire le chêne-liège invulnérable serait une grave erreur ! Croire que la suberaie pourrait s’en remettre sans intervention de l’homme en serait une autre... Les impacts sur la dynamique du peuplement sont nombreux : qu’en est-il de la régénération du chêne-liège, de la survie des arbres (notamment en cas de levée récente ou de blessures), de la vitalité du sous-bois...?.
Une étude, actuellement menée par l’IML, a pour but de suivre l’évolution des peuplements récemment incendiés, en évaluant les conséquences du passage du feu sur le peuplement. Pour cela, plusieurs outils peuvent être utilisés :
• comptage du nombre d’arbres morts suite à l’incendie ;
• évaluation de l’intensité du feu sur une échelle de 0 à 4 (L.Armandier) ;
• évaluation des chances de survie des arbres ayant émis des rejets ;
• comptage de la régénération (par semis et/ou drageons).
L’originalité de l’étude consiste en la prise en compte de l’historique de la parcelle, en ce qui concerne le nombre de passages antérieurs du feu, ainsi que le type de gestion (ou de non-gestion) qui y était pratiqué (parcelle déjà mise en production/jamais écorcée, pastoralisme, débroussaillements réguliers...).
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En effet, si l’écorçage des arbres peut rendre un peuplement vulnérable, au contraire un manque d’entretien peut tout autant nuire à la suberaie... et aux suberaies voisines !
Pour évaluer tous ces paramètres, des placettes ont été installées dans les Pyrénées-Orientales ainsi que dans le Var (secteur le plus touché par les incendies de 2003) avec la collaboration du C.R.P.F. -P.A.C.A. Une étude qui nous l’espérons apportera des réponses à nos interrogations. Pour cela, rendez-vous fin 2006. mortalité différée d’un chêne-liège ayant pourtant émis des rejets de houppier peu après l’incendie, mais qui sont morts l’année suivante.
3 ans près le feu, le maquis forme déjà un manteau de 1,5 m de haut, rendant le peuplement à nouveau fortement sensible au risque incendie ; Au fond, on aperçoit un chêne-liège mort car levé l’année même de l’incendie.

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