Maire de Vivès
Président de l’I.M.L.
DISCOURS PRONONCE à
L’I.M.L. LE 15 JUIN 2000 à 15
HEURES à L’OUVERTURE DE LA TABLE
RONDE DE VIVEXPO 2000.
Monsieur le Représentant du Ministère de l’Agriculture,
Mesdames et Messieurs les Intervenants,
Chers Amis,
Le Conseil d’Administration de l’Institut Méditerranéen du Liège et
moi-même vous souhaitons la bienvenue à cette table ronde 2000 qui a pour
thème : Regards sur les Evolutions de 1990 à 2000 et de 2000 à 2010.
Une bienvenue toute particulière à ceux qui viennent de loin et à ceux
qui viennent pour la première fois à notre Institut à VIVES : c’est une
grand honneur que vous nous faites, et nous sommes heureux de vous accueillir.
J’espère que notre accueil, que votre séjour à VIVES et que la bonne
tenue de cette table ronde et du débat public qui aura lieu demain seront
à la hauteur de vos espérances.
Merci à mon ami Thierry VALERO, journaliste à France 3 télévision d’être
à nos côtés aujourd’hui et d’avoir accepté d’animer notre débat public demain
matin. Je suis déjà convaincu qu’il s’acquittera divinement bien de la mission
que nous lui avons confiée, et qu’il a accepté.
Vous êtes ici pour parler des perspectives de la production du liège
à la veille du
XXI siècle, vous êtes tous ici techniciens, producteurs et industriels pour
nous parler de l’avenir de ce produit noble et cher à tous.
Je souhaite de tout cœur, que vos connaissances, et vos compétences
apporteront tant aux producteurs, qu’aux industriels, qu’aux commerciaux l’assurance
d’un avenir plein d’espoirs ce qui permettra aux producteurs du monde entier
de prendre conscience que nos subéraies doivent non seulement être maintenues,
et améliorées mais développées avec le souci de la qualité.
Sans production, il n’y aurait plus de bons bouchons, donc plus de
bonnes bouteilles pour satisfaire nos palais, plus de bonnes isolations pour
remplacer tous les dérivés chimiques, plus de beaux décors etc., etc.…
A l’heure de la vache folle, de la listériose, des OGM, nous devons
plus que jamais défendre, développer, et mettre en valeur cette matière première
saine qu’est le liège.
Je ne veux pas être plus long, convaincu que cous pensez tous comme
moi, et que comme moi vous êtes soucieux qu’il faut sauvegarder, aménager
et développer nos subéraies.
Merci
encore bien sincèrement à tous.
Merci de m’avoir écouté, et maintenant au travail pour que, plus que
jamais, Vive le liège.
Le
Président de l’I.M.L.
Jacques
ARNAUDIES
—–
- Roussel Jean Louis Sous-Directeur Chargé de la Protection des
Forêts
Direction de
l'Espace rural et de la Forêt
Ministère de
l'agriculture et de la pêche
- Sabaté Marc PDG des Etablissements SABATE
- Esclopé Alain Député
européen Représentant de l'Europe
- Cobra José Secrétaire
Général de la C.E. Liège
- Cavaleiro Álvaro représentant
de Association Portugaise du Liège (APCOR)
- Varela Maria
Carolina Directeur de recherche Estaçoa Forestal National/
INIA
- Crémades Miguel Directeur de
l'Association des producteurs de liège d'Extrémadure et propriétaire de
subéraies
- Marco Pedro Responsable
de la promotion et de la formation IPROCOR
- Pintus Agostino Directeur de
la Station Expérimentale du Liège
- Ben M'Hamed Mongi Directeur de
la Direction Générale des Forêts
- Abid Habib Direction
Générale des Forêts
-Mr. Ialaoui PDG
Entreprise Nationale des Lièges
Ministère
chargé des Eaux et Forêts
La France possède
58 000 ha de subéraie, dont près de 90 % sont privées.
Elle ne produit
que 3 000 tonnes/an.
Les subéraies
françaises sont sous-exploitées : 25% seulement seraient actuellement
exploitées.
Le matériau "liège" :
perspectives marketing et stratégiques
Le liège, matière première rare et chère
trouve l’essentiel de sa valorisation à travers le bouchage des vins.
Depuis quelques années, compte tenu de la
progression de la production mondiale des vins et de l’évolution des techniques
de fabrication des bouchons, la demande de «bouchage» s’est fortement accélérée
alors que l’offre «liège» s’est profondément restructurée.
1.
L’évolution du
marché des vins : quels enseignements pour l’avenir ?
1.1
La progression des volumes
Alors que les volumes
produits et consommés avaient accusé une baisse progressive depuis 1945 –
1950, l’on assiste depuis quelques années à une reprise marquée de la production
et de la consommation. Cette tendance est appuyée par les facteurs «fondamentaux»
suivants :
-
nouvelles par les zones : Californie, Australie,
Afrique du Sud, Chili…,
-
nouvelles par les concepts et méthodes de vinification.
-
du coté des producteurs, à coté d’une multitude de producteurs
«vignerons», est apparu un nombre restreint de grandes entreprises contrôlant
les process de vinification et d’embouteillage d’autant que ces entreprises
ont amorcé des stratégies de présence sur les principales zones de production :
stratégie de présence mondiale appuyée sur une distribution internationale,
-
du coté des distributeurs, l’apparition puis le développement
du phénomène «grande distribution» a maintenu et renforcé une forte pression
sur les prix ainsi qu’un nécessaire renouvellement de l’offre : mise
en place des
1.2
Les changements de comportement des consommateurs
En effet, ces évolutions
majeures de la production, n’ont été possibles qu’avec l’évolution très progressive
des modes de consommation avec :
1.3
Vers un marketing renouvelé
Les évolutions des principaux
facteurs conditionnant l’offre ont représenté de véritables bouleversements
quant aux «politiques» associées à cette offre et notamment en ce qui concerne
le marketing.
Cela étant, les
évolutions «marketing» de l’embouteillage des vins avec en parallèle, les
changements de comportement des consommateurs, se sont accompagnés d’une
modification radicale de «l’offre» liège fondée sur les innovations du secteur
et les tensions sur les prix de la matière première liège.
2.
Les réponses "liège"
possibles
2.1
Le développement des bouchons "techniques"
Dans le cadre des nouveaux concepts «marketing»
développés par le monde du vin (forte progression des vins «génériques» de
milieu de gamme appuyée par des embouteilleurs présents sur les principales zones viti-vinicoles et réalisant
des volumes importants – plus de 50 millions de cols par an), l’industrie
du liège a mis en avant des produits «techniques» répondant plus ou moins
aux attentes du marché mais participant tous à une même démarche : donner
au marché des produits "liège" fiables et homogènes, dont le coût
de revient soit maîtrisé :
2.2
La valorisation des bouchons «naturels»
Cela étant, face à l’intérêt
croissant de certains metteurs en marché pour de nouveaux types d’obturateurs
(notamment plastiques), face à la nécessité «marketing» de conserver un bouchage
«traditionnel» demandé par le consommateur, et dans le cadre d’un écrasement
des prix pratiqués, le bouchon naturel est redevenu une alternative efficace.
2.3
Une nécessité :
la maîtrise des techniques, la transparence des filières, la crédibilité des
produits
La filière liège se trouve
aujourd’hui devant un certain nombre d’enjeux et notamment devant le fait
de devoir répondre avec une offre compétitive et de qualité à la progression
des volumes de vin embouteillés ; les stratégies «produits» qu’il faut
mettre en place nécessitent donc à la fois une prise de conscience de ces
enjeux et ce, de la part de tous les acteurs de la filière, mais aussi la
mise en place de nouvelles réponses.
-
maîtrise des techniques,
-
transparence de la filière,
-
crédibilité des produits.
Le Portugal possède à lui seul 53 % de la superficie européenne.
Premier producteur mondial avec 170 000 tonnes/an, soit 54 % de la production
mondiale, ou encore les 2/3 de la production européenne.
L’exportation a atteint 119 000 tonnes en 1987, dont 60 % à destination de
la C.E.E.
Le futur du liège
La réalité présente et les incertitudes de demain
L’évolution des subéraies et de leur exploitation
tout au long du XXème siècle a connu un développement très profond senti
essentiellement au niveau de l’industrie. Celle-ci a connu un grand essor à
partir des années 50.
Les méthodes d’exploitation des subéraies ont
aussi subi des changements profonds commençant par la mécanisation des travaux
de nettoyage et de mobilisation des sols, ce qui a entraîné de nouvelles
situations pour la forêt de chênes-liège. Toutefois, parallèlement à ces
transformations, on a oublié, bien souvent, de faire les indispensables corrections techniques afin d’éviter
certains dommages irréparables qui touchent particulièrement le système
radiculaire des arbres.
D’un autre côté, la presque totalité des subéraies
actuellement exploitées se composent d’arbres de croissance spontanée. Ce n’est
qu’à partir des années 60 et, de forme plus intense, dans les années 80, que de
nouveaux peuplements surgissent à partir de méthodes de plantation
artificielle, soit à travers l’ensemencement des glands, soit à travers la
plantation de plantes de pépinière.
Ce changement significatif aura des conséquences à
tous les niveaux, depuis l’amélioration de la provenance génétique des futurs
chênes-liège jusqu’à une dangereuse homogénéité au niveau de la structure de
leurs âges et conséquente période de vie en exploitation économique.
Le grand défi du XXIème siècle, en ce qui concerne
la subéraie, se pose principalement au niveau de l’adaptation des techniques de
sa gestion et exploitation, si on considère son état de développement,
l’inévitable accentuation de la mécanisation des procédés et le croissant
économicisme des critères d’évaluation de sa rentabilité. Ceci risque, dans les
régions où les chênes-liège sont installés, de marginaliser leur importance
écologique avec des conséquences négatives au niveau de la population et de
l’environnement.
Dans la seconde moitié du XXème siècle, on assiste
également à de profondes modifications quant à la localisation géographique
des industries de transformation du liège, avec le transfert des processus
de valeur ajoutée des pays consommateurs (France, Etats Unis d’Amérique, Angleterre,
etc.) vers les pays producteurs des matières-premières.
Ce transfert a été plus notoire dans les années 70
(soixante dix) et, aujourd’hui, le processus est presque stable, quoiqu’on
observe encore quelques migrations locales, ou même, d’une région vers une
autre région.
Paradoxalement, toute cette évolution au niveau du
déplacement géographique n’a pas entraîné l’arrivée sur le marché de nouveaux
produits. On constate que parmi les produits fabriqués aujourd’hui, la plus
grande partie sont d’une gamme identique à la gamme fabriquée il y a trente
ans. Il y a évidemment quelques exceptions, où on trouve un produit final
qui inclut déjà d’autres composants (du bois qui compose le parquet flottant
à d’autres types de bouchons), quoique le liège soit toujours le principal
composant. Au seuil du nouveau millénaire, la question décisive pour le futur
de la filière se centre essentiellement autour de 3 points principaux :
1. Qualité et typologie des produits
Nous sommes de l’avis que les produits de liège doivent
s’assumer comme des produits de moyenne et haute gamme, dirigés à des segments
marchés qui connaissent les qualités uniques du liège, ses caractéristiques
en tant que matériau renouvelable, bio-dégradable et écologique.
C’est
pourquoi il est nécessaire d’oublier toute stratégie de consommation de masse
des produits de liège, car cela conduirait inévitablement à un décroissement
de la qualité et à l’obtention de produits où le liège ne serait qu’un composant
résiduel, soit une sorte de papier d’emballage qui n’aurait aucune interférence
dans la fonctionnalité de ces produits.
Je n’ai pas, bien sûr, l’intention de défendre l’idée
que la «pureté» des produits fabriqués avec du liège suffira pour assurer leur qualité ; au contraire,
pensez, par exemple, au besoin senti par la C.E.Liège d’éditer le Code International
des Pratiques Bouchonnières et d’organiser le SYSTECODE-Système d’Accréditation
des entreprises en conformité avec le Code. L’innovation technologique naturelle
alliée à la compétitivité technique et à la performance fonctionnelle des
produits continueront d’être les principaux piliers où la matière-première
liège devra adapter son développement auprès des consommateurs.
Simultanément, la typologie des produits, comme il
arrive encore avec les “joints pour moteurs”, ne pourra pas utiliser le liège
conjointement avec du caoutchouc, essentiellement par ce qu’il s’agit d’une
matière-première à bon marché.
Par contre, la typologie des produits, où le liège
est un des éléments constituants, doit se centrer essentiellement sur les
caractéristiques naturelles qui font que cette matière-première soit connue
dans le monde entier comme un matériau écologique qui se développe à partir
d’une espèce végétale rare mais d’importance décisive pour la défense des
territoires contre la désertification.
2. Capacité d’innovation des
entreprises au niveau industriel, commercial et d’organisation ;
Il n’est pas nécessaire de référer la «globalisation»
comme principale cause de la modernisation du tissu industriel de la filière,
car les imperfections sur le plan structurel sont plus qu’évidentes et, principalement,
l’énorme difficulté pour accompagner le rythme et les changements vérifiés
au niveau de l’économie globale.
Les industriels du liège font face à de croissantes
difficultés qui découlent de cette inadaptation et qui sont encore plus critiques
si nous pensons que le secteur envisage s’auto-caractériser de «différent»,
même quand ces mêmes représentants de l’industrie sont confrontés à des directives
européennes visant le contrôle des produits de liège, de la qualité des unités
industrielles, notamment au niveau de l’environnement et de la sécurité des
travailleurs et des biens.
Le liège et l’activité économique qui lui est liée
ne pourront pas continuer d’être perçus comme « un négoce » et devront
s’insérer dans une activité industrielle transparente, globalement compétitive
et socialement intégrée au niveau des autres secteurs plus avancés de l’économie.
L’activité commerciale sera irrémédiablement obligée
de respecter les règles du commerce international, visant à vraiment satisfaire
les consommateurs qui sont le but final des motivations de tout industriel,
au niveau des profits et de l’accomplissement de ses obligations sociales.
3.Disponibilité et valorisation des lièges
Ce n’est pas par hasard que j’ai décidé d’aborder
ce point de réflexion en dernier lieu. Puisque, de nos jours et encore plus
souvent, le futur des produits de liège est couramment associé à la disponibilité
de la matière-première.
Il faut convenir que cette idée pourra être naturellement
acceptée quand on vérifie, depuis 1995, un niveau de prix en croissance continue
à une moyenne annuelle d’environ 30%.
Nous sommes convaincus que cette situation va changer
à court terme, car, considérant toute la genèse, cela ne correspond malheureusement
pas à une valorisation des produits de liège mais tout simplement à des actions
spéculatives, fruits de la débilité structurelle et culturelle du milieu liégeur.
Il est certain qu’un éventuel manque de matière-première,
ne sera jamais une raison pour l’inflation des prix qui ne gère pas de croissance
des stocks mais plutôt une différente distribution de la même quantité annuellement
existante.
De notre connaissance, aucun acheteur n’a encore
reçu comme réponse l’argument du manque de liège pour la fabrication de produits
en liège qu’il ait voulu acquérir.
Il est donc important de trouver une stabilité soutenue
dans les prix, en accordant confiance aux producteurs et aux utilisateurs,
afin de permettre une indispensable stratégie de planification alliée à un
marketing stratégique comme pôle de développement des entreprises. Il faut
souligner que les politiques d’appui à l’implantation de nouveaux peuplements
comprises dans les aides structurelles de l’Union Européenne sont positives,
mais il est nécessaire d’aller plus loin, en appliquant ces appuis dans l’amélioration
et préservation de la régénération naturelle, dans la récupération productive
de subéraies abandonnées à la suite d’incendies ou dues au manque d’intérêt
économique (ou conjoncture adverse), et dans la réduction de la densité des
pâturages qui exige une intensification de l’exploitation du sous-couvert
des subéraies, afin de garantir l’alimentation du bétail.
Et on devra encore accentuer que l’Europe est excédentaire
en viande et présente simultanément un énorme potentiel de croissance des
surfaces à occuper par la subéraie, donnant lieu également à l’augmentation
des revenus des propriétaires et un ré-équilibre de leurs exploitations agricoles.
Il
est aussi important de souligner que, dans les 15 dernières années, plus de
150.000 hectares de nouveaux peuplements ont été installés, ce qui assure
la stabilité future de la production de liège. On estime même une augmentation
de la production à partir de 2010, d’environ 30.000 tonnes/an, c’est-à-dire,
une hausse de 15% comparativement à la production actuelle.
Nous avons pour cela des raisons suffisantes pour
être optimiste concernant le futur du liège, non en tant que matière-première
du «passé» , mais en tant que matière-première toujours «moderne» et, surtout,
en tant que matériau pourvu d’une capacité «innovatrice» inépuisable.
Le liège - L’industrie au Portugal
20 ans - de 1990 à 2010
Essayer
de mettre en parallèle l’industrie du liège portugaise de 1990 et la situation
prévisible de cette même industrie en l’an 2010 constitue un défi que nous
acceptons volontiers, quoique nous sommes conscients qu’il est nécessaire de
compter avec une certaine dose de futurologie.
Pour le Portugal, comme nous le savons, le secteur
du liège est de vitale importance, aussi bien sur le plan économique que sur
le plan social, et concernant également la préservation de l’environnement.
Sans vouloir vous ennuyer avec trop de nombres, j’aimerais
souligner que les exportations de produits de liège (environ 800 millions
d’euros) représentent 3% du total des exportations portugaises et, considérant
seulement l’industrie, celle-ci emploie environ 15.000 personnes.
Pour plusieurs raisons, de caractères historique,
économique, social et démographique, l’industrie du liège au Portugal se situe,
depuis longtemps, au nord du pays, à Santa Maria da Feira (proche de Porto)
et cette région assure aujourd’hui 80% de la production totale nationale de
produits de liège.
Concernant l’industrie bouchonnière, la représentativité
est encore supérieure ; c’est pourquoi toute déduction que nous fassions pour
un futur proche, en fonction de la réalité de cette région, est valable pour
tout le pays.
En résumé, je vais essayer de caractériser le secteur
dans la première étape en appréciation, c’est-à-dire, pour ce qui concerne
l’année 1990 :
a)
Grande exportation – environ 90% de toute la production est destiné aux marchés
externes.
d) L’éducation scolaire
des ouvriers est de niveau très bas et environ 90% n’ont pas plus que la formation
scolaire élémentaire, y compris certains analphabètes. Ce bas niveau de scolarité
s’étend aux responsables et cadres d’entreprises, qui, seulement dans 30%
des cas, possèdent une formation de l’enseignement secondaire ou supérieur.
g) Concernant la
fabrication de bouchons, le contrôle de qualité est limité ; il
ne s’agit pratiquement que d’une appréciation visuelle.
h) Les transgressions
et fautes au niveau de mesures d’hygiène, prévention et sécurité étaient
notoires dans la plupart des unités industrielles.
Quoique co-existant avec des entreprises dynamiques
et évoluées, la plupart des unités qui transforment le liège se caractérise
nettement, en 1990, de cette forme.
Vous pourrez ajouter: mais il
s’agit de la description d’une industrie du passé, une industrie qui, si elle
suit cette ligne, n’a aucune chance de survie. Cela est vrai, car dans un
monde en totale transformation, avec l’internationalisation des marchés, il
n’y a plus de lieu pour l’inertie et la stagnation.
Et durant les dernières années,
nous assistons réellement, au Portugal, à une véritable révolution en ce qui
concerne les techniques et technologies de production, la défense de la qualité,
les questions avec l’environnement et avec l’économie d’énergie, la sécurité
dans les industries, mais la plus grande révolution est au niveau des mœurs
et comportements des responsables pour une industrie qui veut être préparée
pour les défis de demain.
Il est évident que tous les
changements sensibles que nous observons se doivent non seulement aux besoins
internes de l’industrie et à sa rentabilité, mais aussi, et principalement,
à l’évolution du milieu externe à la transformation du liège dans les dernières
années, que tous les présents ici connaissent, mais que je résume de la forme
suivante :
a)
Dans
les pays traditionnellement producteurs de vin, la consommation de vin est
en baisse. C’est ce que j’appelle le «paradoxe français», dans la version
française : «en France, on parle de plus en plus de vin et on en boit
de moins en moins». Ceci est aussi vrai pour le Portugal et autres pays producteurs.
b) La
production de vins augmente dans les nouveaux pays producteurs, comme les
E.U.A., l’Australie et l’Afrique du Sud.
c)
On
vérifie un progrès énorme dans les techniques de vinification. Il y a quelques
années, pour produire un bon vin, on avait besoin d’une bonne qualité de raisins,
d’un sol propice et d’un bon climat ; de nos jours, on a besoin de tout
cela, mais aussi d’un œnologue ; bon, mais dans certains pays, parfois,
il n’y a que l’œnologue, le reste manque.
d) Par
rapport au passé, il existe un fort sens critique de la part du consommateur.
e)
Les
prix de la matière-première liège, parce qu’il s’agit d’un matériau de production
relativement stable et dû à l’existence d’une forte demande, ont fortement
augmenté.
f)
Les
marchés sont actuellement envahis par les bouchons synthétiques ; les
fabricants de ces produits n’hésitent pas à mener de fortes campagnes de marketing
qui attribuent au bouchon de liège tous les maux détectés dans les vins qui
ont des déviations organoleptiques. Les noms de ces nouveaux produits ont
tous le mot «cork» (liège) lié à d’autres petits mots. Nous n’avons pas encore
les résultats des tentatives que nous avons promues dans les nouveaux pays
producteurs afin d’éviter cette concurrence déloyale.
Une
industrie stagnante ne pourrait survivre à toutes ces contraintes.
La C.E.Liège – Confédération
Européenne du Liège – a concrétisé, en 1993, la commande d’un travail à plusieurs
laboratoires européens indépendants, pour l’étude et l’élimination du TCA
dans le liège.
Ce travail de recherche a été
un des plus importants réalisés, jusqu’à aujourd’hui, pour le secteur. Les
résultats de cette étude appelée «Quercus» ont servi pour l’élaboration d’un
Code International des Pratiques Bouchonnières, qui est déjà dans sa 3ème
édition. Ce code, dirigé à tous les fabricants et autres groupes de la filière,
insère plusieurs règles à adopter pour la fabrication des bouchons. Un organisme
indépendant sélectionné, le Bureau Veritas, a déjà initié des audits à des
dizaines d’entreprises.
Quoique nous pouvons conclure
que, pour la plupart des cas, la cause du TCA n’est pas le bouchon de liège,
cette étude a tout de même déterminé les circonstances où la fabrication incorrecte
de bouchons peut aussi être à l’origine de certaines déviations qui pourront
altérer le goût du vin. Car il est
bon d’éclaircir que quand le liège est retiré de l’arbre, il ne révèle pas
de TCA. On peut don conclure que, lorsqu’on trouve des teneurs en TCA dans
le bouchon, on ne peut attribuer les causes qu’au processus de fabrication.
On sait, aujourd’hui, que le
TCA est le résultat de l’activité d’un fongus du type penicillium,
qui adore l’humidité et se développe avec des composés chlorés, présents très
souvent dans les caves, ou sur le bois traité ou encore même dans beaucoup
d’aliments, comme les fruits (raisins, par exemple), le pain, le thé et certaines
boissons, comme le coca-cola (il y a à peu près 2 ans, en Suisse, on a retiré
du marché 300.000 bouteilles de coca-cola à cause du TCA qui avait été détecté
dans cette boisson).
Si les règles de production
recommandées dans le Code sont respectées, depuis l’extraction du liège jusqu’au
consommateur, ceci permettra, à notre avis, une réduction de plus de 95% des
possibilités d’existence de TCA dans les bouchons de liège dans des quantités
détectables.
Malgré cela, quelques sociétés
vont encore plus loin et avancent avec des processus propres pour assurer
plus de consistance dans les résultats, depuis la stérilisation avec micro-ondes
et ozone à l’aspiration de particules nocives par vacuum et à l’abolition
des produits chlorés dans le lavage des bouchons.
L’évolution technique a apporté
un dynamisme accru et, aujourd’hui, il est de plus en plus normal qu’une micro-entreprise
(n’ayant pas plus de 10 ouvriers) ait son laboratoire de contrôle de qualité.
C’est pourquoi le nombre de techniciens au service de l’industrie a très rapidement
augmenté. En même temps, les rencontres périodiques entre experts du vin et
du bouchon sont fréquentes, ceci dans le but de trouver des solutions conjointes.
Les modifications du «lay-out»
de production d’une grande partie des sociétés ainsi que les travaux en cours
pour la solution du traitement d’effluents seraient impensables il y a quelques
années.
La France est encore le premier
importateur des produits de liège portugais, mais récemment suivie par les
Etats-Unis d’Amérique, qui dépassent, en valeur, l’Allemagne.
On observe entre-temps un certain
déplacement géographique de l’industrie portugaise vers les régions où la
matière-première est produite, notamment Ponte de Sôr et Coruche. Les nouvelles
unités qui sont déjà en fonctionnement ou en train de se construire sont l’exemple
d’une industrie moderne, techniquement bien équipée, qui compte avec des techniciens
hautement qualifiés et des ouvriers professionnels, et qui se préoccupe aussi
avec les problèmes qui touchent l’environnement. Il nous semble qu’il n’y
aura pas un changement radical dans la localisation de l’industrie ;
celle-ci sera toujours prédominante dans la région de Santa Maria da Feira
où elle assure l’hégémonie du secteur, comme jusqu’à présent ; toutefois,
on prévoit que certaines unités vont consolider leur présence dans les nouveaux
pôles industriels qui naissent au sud du Portugal.
Le chêne-liège, arbre protégé
depuis la naissance de la nation portugaise, occupe une surface qui augmente,
chaque année, d’environ 13.000 hectares, ce qui dépasse les prévisions de
10.000 ha./année.
Le CINCORK, Centre de Formation
Professionnelle de l’Industrie du Liège, multiplie le nombre d’actions de
formation, avec une forte incidence dans la formation des cadres d’entreprises
(ces actions ont déjà eu un grand succès, par exemple, dans les cours d’œnologie
et d’auditeurs en qualité). L’activité de ce centre se fera encore plus sentir
lorsque ses nouvelles installations seront conclues ; le nouveau centre
siègera à Santa Maria de Lamas.
Du point de vue technique et
après une période de turbulence, on a également témoigné de l’appui que le
CTCOR – Centre Technologique du Liège a prêté
à l’industrie pour l’implémentation du Code International des Pratiques Bouchonnières,
et dans d’autres domaines.
Vu ce qui est ici exposé, que
pouvons-nous attendre de l’industrie, dans dix années ?
Très simplement, nous pouvons
grouper les sociétés en trois catégories :
a) sociétés
certifiées d’accord avec les normes de qualité ;
b) sociétés
qui sont en train d’implémenter les changements nécessaires pour êtres certifiées ;
c) sociétés
qui seront obligées de fermer et d’interrompre leur activité.
D’après nous, il n’y a pas
d’autre solution pour celles qui ne veulent pas changer et se moderniser. Si
elles continuent sur le marché, ce n’est pas à cause de leur dimension, car les
petites et moyennes entreprises seront toujours la base du secteur de même
qu’elles sont la base du tissu industriel portugais.
On espère voir surgir des associations
d’entreprises, pour des fins spécifiques, comme le bouillage du liège ou le
traitement des effluents, ou encore des projets scientifiques d’intérêt commun,
mais pas de fusions pour augmenter la dimension des entreprises.
Mais ce changement, pour les
sociétés retardataires, doit être immédiatement initié. Citant un aphorisme
très connu : «les grands ne dévoreront plus les petits, mais ce seront
les plus rapides qui dévoreront les plus lents».
Ainsi, en 2010, nous serons
probablement en plus petit nombre, mais certainement mieux préparés. Nous
pourrons alors assurer que les déviations organoleptiques vérifiées dans les
embouteillages ne seront plus attribuées au liège, car tous les lots exportés
seront accompagnés d’un certificat de qualité.
Pour
la vérité du vin !
Le liège et le chêne-liège
au troisième millénaire :
défis et potentialités
Partie intégrante
du tissu végétal de diverses autres plantes, seul le chêne-liège se caractérise
par le développement de manière structurée et continue d’une couche de liège
récoltable et renouvelable.
Les
caractéristiques physico-chimiques uniques du liège sont à la base d’un secteur
industriel remarquable dans le secteur Méditerranéen occidental. Il engendre
une synergie de valeurs économiques et sociales d’un profil rare dans cette
région.
Du fait d’une aire
naturelle de répartition restreinte au niveau mondial, cette spécificité se
révèle être un vrai privilège pour les sept pays auxquels la nature a donné
l’exclusivité de ce chêne : Algérie, Espagne,
France, Italie, Maroc, Portugal et Tunisie.
Pourtant les
propriétés présentées par cette matière première dépassent fortement son aire
d’origine, se sublimant mondialement dans son usage principal : les bouchons
pour le vin.
Au moyen de ce
produit «non-bois», l’Union Européenne, traditionnel importateur de produits
forestiers, profite de la position privilégiée de premier producteur,
transformateur et exportateur de liège, et détient des valeurs de connaissances
dans les domaines de l’aménagement technique et scientifique.
Espèce frugale
plastique, le chêne-liège joue aujourd’hui un rôle clé dans l’économie et le
maintien des populations humaines dans beaucoup de régions rurales de la zone
Méditerranéenne occidentale.
En effet, dans une
grande partie de son aire naturelle, le chêne-liège prospère aujourd’hui dans
des secteurs en désertification humaine, faible développement industriel,
parfois éloignés des grandes vallées agricoles riches, mais bien orientés vers
les grands centres de consommation Européens, lui donnant une valeur sociale
inestimable.
Cette espèce permet
également une diversification harmonieuse des productions (agriculture sous
cimes, sylvopastoralisme, plantes aromatiques, chasse) et favorise des paysages
uniques pour le tourisme rural.
L’entretien des
peuplements, les tailles de formation, le démasclage, etc … sont à l’origine
d’une vaste panoplie de postes de travail. Demande de travail devenant
essentielle à beaucoup de régions rurales des pays du chêne-liège où les
problèmes de désertification rurale deviennent préoccupants.
Bénéfice d’une
décentralisation industrielle
Jusqu’en 1950,
laissant la plupart de la transformation aux pays comme l’Allemagne, les
Etats-Unis ou la Suisse, les pays du liège ont mal pris dans leurs mains le
commandement du secteur industriel. Pendant les années 60, la situation se
renverse quand le Portugal, suivit de l’Espagne et de l’Italie, conquièrent la
transformation de la plupart du liège mondial (Agro-Ges, 1997).
Cette situation est
loin de pouvoir être considérée satisfaisante. Les asymétries industrielles
(surtout entre Nord et Sud) sont encore énormes, ce qui affaiblit
inévitablement l’intérêt des pays du Magreb dans la défense du liège et du
chêne-liège.
Une des
conséquences peut se voir dans l’abandon et les substitutions conjoncturelles
(même au Portugal, premier producteur et transformateur de liège). Pour ce qui
est de l’agriculture, activité liée à l’urbanisme ou à des espèces à croissance
plus rapides, ravagées par des maladies et des «pestes», mettant en avant les
patrons productoristes opposés à une agriculture, elle s’est trouvée installée
en forçage écologique.
2.
La «symbiose»
Vin – Liège, le bouchon et les périls de substitution
Espèce négligée
dont l’utilisation se limitait aux usages tels que le bois de feu, le tanin et
la nourriture de bétail (Silbert, 1978), c’est à partir de l’utilisation pour
les bouchons pour le vin que le liège connaît sa position économique actuelle.
Libérant les vins
de la consommation rapide, le bouchon en liège a été le grand responsable du
profil élégant de l’évolution des vins. Vins qui aujourd’hui peuvent être
dégustés par des consommateurs distants, hors des régions de leur production.
Le liège est, sans aucun doute, un vrai cadeau de la nature aux vins.
Le liège est
tellement lié au bouchon qu’en anglais, les mots STOPPER (bouchons) et CORK
(liège) sont devenus, à tort, des synonymes.
Produit invisible
et intangible, qui possède un aspect très distant de ce que le consommateur
associe à un produit forestier, le liège a connu pendant les années 90 des
tentatives de substitution venues des plastiques vers les bouchons.
La transformation
en bouchon n’utilise que 30 à 40% de la matière première, mais génère 75% de la
valeur ajoutée, les bouchons sont la colonne vertébrale du chêne-liège.
Le grand défi du
liège au troisième millénaire se pose dans la valorisation du liège comme
matière première élue pour le bouchage des vins de haute et moyenne qualité.
Les vins de haute
qualité ne s’abâtardiront sûrement pas en utilisant des bouchons plastiques.
Mais le problème est tout à fait différent pour les vins de qualité «moyenne» :
les vins de consommation de courte période d’embouteillage (The Economist,
1999). C’est là que le futur du liège se joue, considérant l’énorme quota que
ces vins représentent, en opposition au petit pourcentage de vins de haute
qualité.
La consommation de
bouchons que ces vins représentent est très insuffisante pour maintenir les
coûts d’aménagement, et surtout les coûts de démasclage en niveaux compétitifs.
La situation
identique se pose aux autres produits de l’industrie du liège, parquets,
panneaux isolants, etc…, dont l’existence se doit, majoritairement à la
nécessité de trouver des applications pour le liège non bouchonnable et à son
profil d’indépendance économique.
Dans la chaîne
«liège», il y a une dépendance structurelle incontournable des bouchons.
3.
Accroissement
de la demande en bouchons et nécessité en matière première
Le liège n’a pas de
concurrents ou d’alternatives dans le cadre végétal.
En considérant les
particularités du chêne-liège et du liège (arbre de longue vie et de production
tardive), la concentration de ses applications industrielles et la
concentration géographique de la production, on note que le maintien durable et
soutenable de la filière liège est impossible hors de la définition d’une
stratégie globale, développée sous les trois grands axes :
Ø La matière première : amélioration de la qualité, augmentation de la
quantité.
Ø Le niveau industriel : amélioration des techniques industrielles et
diversification innovatrice des produits.
Ø Le marché : promotion et défense agressive.
4 – Promotion du liège – Le symbole du Liège
A l’égard d’autres
nobles produits de la nature : soie, coton, bois, caoutchouc, etc…, le
liège (produit unique dans le monde végétal) connaît des problèmes de
substitution venus des produits symétriques, qui sont devenus considérables
pendant les années 90.
Une recherche plus
facile, une concentration industrielle, l’entrée dans le monde des pays
producteurs et consommateurs nouveaux (marqués par l’absence de la vieille
culture Européenne par association positive «Vin-bouchon en liège») sont
des faits qui facilitent l’utilisation des plastiques. Diverses marques
déposées présentant des
bouchons de plastique font l’image visuelle du liège et ne montre pas de
signaux de déclin.
Dans les années 70,
l’accroissement de la consommation des vins embouteillés s’annonce avec un
abordage structurel et à long terme.
Sous l’auspice du
réseau «sylviculture of Quercus suber» de la FAO/Silva Mediterranea, 12
pays et plus de 60 institutions publiques, privées et associations
non-gouvernementales, ont donné leur appui à la création du Symbole du Liège.
Dans ce processus, il faut souligner la participation du secteur des vins, sans
intérêts économiques directs.
·
Le Symbole du Liège
a aussi eu le privilège d’accueillir la participation notable de la France et
de l’Espagne.
·
Le Symbole du Liège
est un petit maillon fondamental de la continuité du profil économique de
l’industrie et donc de la valorisation de la filière liège.